« Vous devez quitter la destination » (partie #2)

Pour ma chère Gabrielle,

Désastre total. Tu ne veux même pas savoir la suite.

Fin.

 

 

 

 

 

 

 

Mauvaise blague ok. Je sais. Je suis pourrite, oui oui comme une poire pourrite pour faire des blagues. Peux-tu croire qu’une personne m’a déjà proposé AVEC UN TON SÉRIEUX, lorsque j’étais en questionnement sur mon avenir, d’aller à L’ÉCOLE NATIONALE DE L’HUMOUR. Pour de vrai, je respecte les humoristes et ils font un des plus beaux métiers au monde selon moi, mais ALLÔ ! Je n’ai pas ce talent. J’ai de la misère à faire rire une tortue (pour être honnête, je n’ai aucune idée si c’est facile à faire rire une tortue, mais l’image de la fille qui raconte une blague à une tortue et celle de la tortue qui rie, je les trouvais cocasses). Est-ce que tu m’imagines ? La fille, située au centre de la scène, qui est tellement gênée qu’elle tourne en rond sur la scène et qu’elle fait des petits jeux de pieds (je te jure que quand je vis une grosse émotion, je ne sais plus comment gérer mon corps, alors il m’arrive parfois de juste faire des mouvements bizarres. Ouin, la fille est, légèrement, étrange tsé). Non seulement elle essaie ben gros de ne pas être malaisante, mais, aussi, de faire rire les gens. Bref, on pourrait qualifier le tout à l’aide du mot « horreur ». Même moi je ne te conseillerais pas d’acheter mes billets. Seulement ma grand-maman aurait le droit de prendre des billets, car elle veut absolument être ma plus grande fan. Maudit que je l’aime et que je passerais mes journées à lui croquer les joues… En tout cas, je ne veux pas vous raconter comment j’aime ma grand-mère et à quel point la fille me connaissait 0 pour me lancer une connerie de même comme proposition d’avenir, mais bien de LA soirée.

On passe la soirée ensemble, pi ben ça se passe hyper bien ! Oué oué, je te le dis. J’ai réussi à avoir le droit à une invitation pour dodo à sa maison malgré ma montée sportive de patate grelot. Cela est, définitivement, un exploit à inscrire dans mon journal intime.

Finalement, c’est peut-être beaucoup moins excitant que je le pensais. Après la soirée, nous sommes de retour chez eux et nous sommes prêts à nous écraser en pyjamas pour le restant de la soirée. Ouin, LE PYJAMA. Je n’aurais jamais pensé que choisir un pyjama pouvait être aussi compliqué. Sur mon départ, j’avais pris un vieux pyjama qui traînait dans ma chambre vite vite et je l’avais mis dans mon sac. Mais l’affaire, c’est que je ne savais pas trop s’il s’attendait à un pyjama sexy de ma part tsé. OK. J’aimerais prendre un moment pour parler de ma relation avec les pyjamas sexy ou les déshabillés, si tu préfères. Non, mais ça ne fonctionne juste pas avec moi. On voit toujours dans les films la fille qui ouvre la porte de la chambre de bain full sexaaaaaaay avec beaucoup de confiance qui est appuyée sur le bord de la porte. Ben moi je serais du genre à :

1. Mettre mon déshabillé à l’envers.

2. Me rentrer la face sur le bord de la porte en essayant de sortir de la toilette.

3. Essayer de me déhancher de manière sexy jusqu’au lit (mais d’un point de vue extérieur, j’aurais la démarche d’un hippopo).

4. Pour finalement, me cogner le petit orteil sur le bord du lit. Je tournerais agressive et je sortirais une petite « Christine ».

À ce moment, tout le peu de « sexyness » que j’avais ou que j’essayais d’avoir s’envolerait.

Voilà. Tu peux comprendre que je ne peux pas m’embarquer dans cette « game » coquine. De retour à mon moment de panique, j’ouvre mon sac pour prendre mon pyjama, mais ça me rend un peu malalaise. Est-ce que je mets juste mon gros chandail qui me fait une robe pi je reste en bobettes ? (ok, s’il te plaît ! Je ne te parle pas des culottes que j’avais à 7 ans avec des princesses. Je sais comment choisir les bonnes culottes dans ces moments-là, c’est juste que je trouve ça plus sympathique de dire « bobette ». Je trouve ça cutie pie.) Ou mon gros chandail avec un bas de pyjama ? Sérieux, je pense que j’ai gossé pendant un bon 5 minutes dans mon sac pendant ce questionnement. De son côté, il fouille dans sa garde-robe et il est tout aussi malalaise que moi. Il m’avoue qu’il n’a pas vraiment de pyjama… L’AMBIANCE DE MALAISE TOÉ CHOSE. Après s’être échangé 150 regards et soupirs malaisants, finalement, il me propose (je remercie le petit Jésus) : « veux-tu que je te passe de quoi pour ton pyjama ce soir ? » Je lâche mon sac avec un immense sentiment de soulagement et je réponds que ça serait ben gentil. Alors, il me tend un « gros chandail ».

C’est ça qu’il disait… oué oué.

Je me dirige vers la salle de bain… Je mets le chandail… Ih boy….. J’avais oublié la partie genre IL MESURE LA MÊME GRANDEUR QUE MOI (tu peux conclure que le t-shirt n’est pas ben ben grand hein). Legit, je me suis fait prendre dans un piège. Il est plus court que mon gros t-shirt qui n’est (je tiens à le mentionner) pas avec moi dans la salle de bain, mais bien dans la chambre du mec. Le chandail m’arrive, comme j’aime bien le dire, « à ras de noune ». En d’autres mots, plus français et plus sophistiqués, ça veut dire que le chandail tombe, DIRECTEMENT, sous ma vulve. Si je lève un bras, une troisième personne se joint à nous pour la soirée tsé (pour les intimes, elle se nomme Sylvie… C’est une blague ! Je ne suis pas le genre de personne qui donne un nom à sa partie génitale. Cela a toujours été un phénomène qui me laisse perplexe face à la race humaine. Cependant, je ne juge pas ! Cela est un choix tout à fait personnel). Rendu à ce point, j’ai deux choix : sortir toute nue ou mettre le chandail (les deux options sont équivalentes, mais bon). Je sors de la salle de bain, avec le moins de confiance sur la terre, en tirant le plus fort possible sur le chandail pour qu’il soit plus long (je pense qu’il n’a même pas rallongé de 1 mm, mais c’était un bel essai de ma part). Il me trouve ben cute. Je lui réponds avec un sourire malaisant « oué oué » (la fille n’est vraiment pas réceptive au compliment… Je suis encore sûre que c’était tout calculé de sa part).

Après plusieurs discussions et blabla, imagine ce que tu veux (rien de trop coquin, please). On se met un cadran pour demain matin, car j’ai de l’école à 8 h dans mon petit village (il est à mettre en évidence que je ne peux ABSOLUMENT pas manquer ce cours de physique, car je suis l’élève la plus nulle dans la classe, tsé j’aurais l’air de quoi), alors on s’obstine sur l’heure à laquelle on devrait le mettre. Je pense que j’ai gagné et que le cadran va sonner pour 6 h 30. On s’endort.

Urgh. Chaque soir, j’aimerais donc que quelqu’un soit à mes côtés lors de la sieste, mais, après chaque fois que je dors accompagnée, maudit que je le regrette. Écoute, je pense que j’ai un don pour choisir LA soirée la plus chaude de l’été et LE garçon qui a le plus chaud quand il dort pour être accompagné pour une sieste. Pour te donner une image, j’avais l’impression d’être dans un four à 450 degrés sur la première grille du haut avec le mode « broil » activé (un peu plus et je sentais le CALCINÉ). Même la chaleur du désert ne faisait pas compétition à la température ressentie dans les couvertes. Pi moi, j’ai la pire habitude de vie, te l’dis, je dois absolument avoir un MINIMUM de 6 doudous sur moi, peu importe la saison (je dois, définitivement, aller consulter pour changer cette habitude si je veux rester en vie plus que 20 ans). Je me tortille dans les couvertes. J’ai chaud. Il me colle, je le repousse. Il finit par m’écraser et me tasser jusqu’à la limite du lit. Sur le bord du précipice (le bord du lit, si tu n’avais pas « catché »), j’abandonne. Je le laisse plaqué contre moi (on n’est pas encore assez alaise ensemble pour que je puisse le repousser avec toutes mes forces ou d’exécuter « le rouleau compresseur ». Je t’explique cette technique, si tu ne la connais pas. Tu dois rouler par-dessus la personne pour atteindre la plus grande partie du lit qui n’est pas occupée. C’est aussi simple que cela). Je combats contre la chaleur. J’ai chaud à la moustache, je ne m’endure plus. La seule solution que j’ai trouvée pour me maintenir en vie, c’est de sortir mon petit orteil pour essayer de tempérer mon corps. Finalement, lorsque je réussis à m’endormir, ben j’avais l’œil qui ouvrait chaque heure. En gros, dormir avec quelqu’un ne me manquait pas autant que je le pensais.

Le réveil. Le cadran sonne, il est 7 h. LE PETIT TAQUIN (ou LE PETIT CRISS, c’est au choix selon la sensibilité de tes yeux). Je me lève en flèche. Je sors de la chambre, je me dirige dans la toilette et je me change rapido. Je me brosse les dents. Je me lève la tête pour me regarder la noix dans le miroir. Osti ma tête est grasse, MAIS GRASSE là (tu as, rarement, vu cela. Je pouvais les presser et apercevoir un peu de gras sortir de mes poils). Ce n’était, mettons, pas très élégant. Je le plains de s’être réveillé à côté de ça. Tsé la fille essaie d’être cute avec ses cheveux gras, ses crottes d’yeux et sa mauvaise haleine. On ne lâche pas ! J’enfile mes vêtements. Je lui dis au revoir dans son lit. Il reste couché. Je prends mon sac, je mets mes souliers à moitié et j’essaie d’ouvrir la porte. Je ne suis pas capable. Je gosse dessus, pas capable. SOS. Il se lève, il vient m’aider. Je le regarde avec ma vieille tête grasse et mes talons sortis de mes souliers avec un sourire malaisant en guise de remerciement et je pars débouler les 150 escaliers pour sortir de son bloc. Je pense, sérieusement, que je l’ai traumatisé avec ma laideur matinale.

J’arrive à l’école. Je monte les escaliers le plus rapidement possible. Évidemment, mes poils deviennent encore plus gras et j’ai le droit à une prise #2 pour la moustache en chaleur. Je rentre dans mon cours, il est 8 h 20.

Le silence toé chose dans la classe. Tous les regards sont pointés sur moi. Et j’entends :

« Madame Gariépy, le cours de physique commence à 8 h ».

MG

PS J’aimerais prendre un moment pour remercier Robi (le professeur de physique) pour ce moment de gloire. Définitivement, j’étais aussi rayonnante devant la classe que le gras sur mes cheveux.

 

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