Oué, oué. Me too! (partie #2)

Es-tu prêt(e) à te remettre dans le bain?

Ok, 3, 4.

Bloup, bloup.

C’est parti.

George m’attend dans l’auto. Je regarde par la fenêtre entre deux panneaux de stores pour voir s’il a l’air similaire à ses pics Instagram. OK, c’est lui ! Je sors dehors, je suis nerveuse comme une chenille qui se transforme en beau papillon. Je tiens le regard bas à la hauteur de mes pieds, en cas de prévention à la chute (je ne fais qu’être prudente). J’ouvre la porte de derrière, et je lance un « allô » en déposant mes raquettes et ma salopette (oui, oui, ma salopette comme un enfant de 4e année qui va jouer chez son ami tit Guy). Il me répond un « Hi ». Oh petit Jésus ! J’avais oublié. Oh Jésus. Parce que, oui, petit détail important que je n’ai pas mentionné, le gars est méga solide anglophone (tu l’as pognes tu maintenant George, c’est George, mais dit avec un accent english. OK, elle n’était pas si drôle)Toutes personnes qui étudient avec moi savent que je déteste parler en anglais. (Ce qui est très absurde, car j’étudie dans une université anglophone, mais bon hein). Même qu’il m’arrive de m’obstiner à répondre en français à mes professeurs (les pauvres), alors mes amis deviennent mes traducteurs privés. Histoire vraie. Bref, peux-tu te dire que la motivation de discuter en anglais ce matin est à – 10/1000 (si tu n’avais pas deviné plus tôt, ceci est une échelle de motivation que j’utilise dans l’ensemble de ma vie pour n’importe quelle situation. Mon usage est un petit peu abusif et cela devient légèrement agressant à la longue). Je m’assois. Je commence la conversation en anglais. Après mes deux premières phrases, je me dis que c’est assez pour aujourd’hui. George comprenait super bien le français, alors pourquoi me fendre les foufounes ? Tsé veux dire. (Tu me détestes encore hein ?)

Il est possible de conclure que je considère George comme mon âme sœur dès les premières minutes de notre rencontre. Oué.

 

La route se déroule super bien, on parle un peu de n’importe quoi. Mais au moment où on est sur le point d’arriver à la montagne (une heure plus tard), je réalise que j’ai épuisé l’ensemble de mes sujets de conversations et qu’il me reste encore l’ascension complète du mont ET LE RETOUR. Je commence à paniquer… légèrement. On débarque de l’auto et il est temps de se préparer pour la randonnée. Je me déplace vers l’arrière et je mets mes pantalons de neige. HIPELAYE. Je réalise que j’ai commis une immense erreur la veille ; un retour au gym. J’avais les jambes aussi stiff que des pattes de poules. Tous les mouvements que j’exécutais me prenaient l’ensemble de mon énergie. Je n’ai rentré qu’une seule de mes courtes cannes dans ma salopette que je réalise que je suis déjà à bout de souffle. Je fais comme si de rien n’était, je continue à me préparer en lui lançant l’un de mes plus beaux sourires les moins convaincants. Je finalise mon sexy outfit qui se résume à mes pantalons de neige orange et rose fluo pour bien l’aveuglé, mon manteau North Face bonhomme Michelin (je tiens à clarifier que je parle bien du personnage fait à partir d’un empilage de pneus) et ma tuque qui me donne une tête d’œuf (elle est tellement serrée qu’elle finit toujours par se ramasser juste sur le dessus de ma tête comme un cône, c’est super). Je me sens, comment dire, aussi sexy qu’une Megan Fox qui va faire de la pêche sur glace, not. On se dirige vers l’entrée du sentier.

 

On arrive au début de la piste… J’ai passé à deux poèls de virée de bord. Oh non, nenon. Déjà que j’ai perdu la moitié de mon énergie en mettant mes pantalons de neige, je viens de céder le restant en montant mes yeux jusqu’en haut de cette piste. Comment vous expliquer… le chemin était aussi abrupt qu’une piste de ski dont la pancarte indique 100 losanges noirs (pour te mettre en contexte, j’ai de la misère à faire les pistes familiales avec un cercle vert). Il s’élance. Je le suis. Cela ne fait qu’une minute et j’ai la patate cardiaque dans le tapis. Je manque de souffle. J’ai chaud. Il faut que je trouve une manière de prendre une pause après deux minutes de marche sans que ça ait l’air d’être à cause que je n’ai aucun cardio, mais bien, car je suis une fille en forme qui cherche à améliorer ses performances. Je m’observe. AH ! LES RAQUETTES. Je m’arrête. Je me plie en deux et je commence à jouer avec toutes les ganses et les clips pour les « arranger » telle une mécanicienne de la raquette hivernale. Je relève ma tête rouge comme une tomate à cause de mon corps qui bouillonne de chaleur et l’ensemble de mon sang qui est rendu dans celle-ci à force d’étirer le temps en flattant mes raquettes (parce que, oui, après 30 secondes, il est possible de conclure qu’il n’y a pas 100 éléments à fixer sur ses raquettes, donc je manquais un peu d’inspiration). Après cinq minutes, je réalise que je ne peux pas éterniser encore plus la chose, je repars. Un autre cinq minutes plus tard, je ne suis plus capable. Je dégouline. Je sens une goutte qui glisse contre mon visage, je ne m’endure plus ! Je m’observe pour une seconde fois et la tactique des raquettes me tente, mais je crois que si je la réutilise cela va être évident que je ne suis tout simplement pas en forme. Je compte mon nombre de chandails et je me dis qu’un de moins pourrait aider mon corps à se tempérer et cela pourrait être coquin, n’oublions pas qu’on est encore dans le contexte d’une date. OK superbe ! J’enlève mon manteau. Je retire mon chandail. J’essaie de le ranger dans mon sac, il est trop gros, je suis incapable. Je pousse comme une bonne folle. Il me propose de le mettre dans son sac, mais je me garde une rikiki gêne avec l’odeur qui a dû s’imprégner dans mon kangourou. Celle d’une jeune femme qui a beaucoup de volonté, mais qui est peu en forme à cause de son petit gras d’ours polaire. Je réessaie quelques fois à le faire rentrer dans mon sac (je ne suis pas conne, j’essaie de gagner du temps de pause, bon). Je l’enroule autour de ma taille. Nous repartons et nous arrivons, finalement, à la fin de ce chemin que l’on pourrait comparer à la montée de l’Everest.

 

George prend un moment pour regarder les diverses pistes qui mènent au sommet. PARTÉ, je peux reprendre mon souffle. Nous repartons dans une autre direction. Je marche à sa vitesse, et je m’avoue que je ne suis aucunement capable de le suivre. Je suis tellement essoufflée que je suis incapable de répondre à ses questions lorsqu’il m’en pose (et c’est tellement malalalalalaisant qu’il ne m’en pose aux 20 minutes). Je me tiens à des réponses qui ne contiennent pas plus que quatre mots pour ne pas que mon essoufflement se fasse ressentir. J’avais l’impression d’être le genre de personne qui a gonflé des ballons pendant deux jours de suite, sans pause, et qui souhaite reprendre son air, mais qu’elle est incapable, car elle vient de recevoir l’annonce que c’est la fête de son amie Jocelyne et qu’elle doit regonfler des ballons (tu la pognes-tu ?). Bref, plus nous avançons dans la montée, plus je réalise que je m’en fous. Oui, je m’en fous. Je suis tannée d’essayer de le suivre, je ne suis in-ca-pa-ble. Alors, je décide de ralentir le pas. Il se retourne. Il me regarde dans le blanc des yeux et…continue. IL NE DÉCÉLÈRE PAS. IL GARDE LA MÊME VITESSE. AUCUNE PITIÉ. Toutes les 15 minutes, j’avais le droit à un « How’s going back there? », et je dois vous avouer que c’était la phrase la plus mignonne qu’il m’a dite dans l’ensemble de notre journée. Je me sentais en santé et vivante, tsé.

 

Nous arrivons à une nouvelle croisée des chemins. Je ne souhaitais qu’une chose qui me pointe la piste que nous venions de prendre, afin de retourner sur nos pas. Entre temps, nous avons rencontré des gens qui faisaient du ski de fond. Au même moment, l’un d’eux tombe dans la neige et perd ses skis. Mon instinct de survie s’enclenche. Je saute sur l’occasion pour prendre une branche de sapin. Je cogne le garçon avec celle-ci, afin de le sonner, et je pars avec ses skis vers le pied de la montagne. (Ce n’est définitivement pas ce qui est arrivé, mais cela m’a réellement traversé l’esprit. Tu sais quand ta date se déroule juste trop bien ? Awn, c’est si beau les papillons du premier rendez-vous.). Il me pointe le prochain et dernier chemin pour atteindre le sommet. Nous voilà repartis.

 

Il recommence à avoir la jasette (te le dis! J’étais aussi surprise que toi). Par contre, la conversation ne s’étend sur qu’un seul sujet, lui qui veut absolument que je lui parle en anglais. Ça fait plus de 15 minutes qu’il me parle de ça. Je pogne les nerfs à l’intérieur. Malgré que je lui répète depuis le début que je n’ai pas le goût et ni l’envie de converser en anglais, car je ne suis pas alaise. Il continue à pousser et à pousser. Peux-tu te dire que lorsque j’ai vu que le message ne passait pas, j’ai EXTRÊMEMENT RALENTI LE TEMPO. Je voulais avoir la sainte paix…

 

Nous sommes rendus à la moitié du chemin final. Seigneur de petit Jésus. Celui-ci vient de me délivrer de ma souffrance. George ne cessait de me dire qu’il avait mal à la cheville depuis le début de la montée, et étant donné mon état de jeune athlète olympique dans la catégorie plongeon, je ne souhaitais qu’à chaque fois qu’il me dise qu’il n’était plus capable de supporter sa cheville, afin que l’on redescende. Et ce moment, mesdames et messieurs, s’est produit. Un peu trop tard, mais bon, on ne se plaindra pas. Il me demande ce que je désire faire, je lui réponds « ça ne me dérange pas » (ne mentez pas les jeunes, c’est méchant). Il prend la décision d’arrêter pour sa cheville. Nous faisons demi-tour. Une larme de joie s’écoule sur mon visage. Je me sens reprendre vie, comme si une petite lumière me soulevait de bonheur.

 

Après une descente à un bras de distance de chacun, devrais-je dire à 100 km de distance de chacun, nous sommes enfin au pied de la montagne. Nous nous déshabillions. Je conserve ma tête d’œuf pour le trajet du retour pour ne pas trop l’horrifier et lui démontrer mes efforts trop prononcés pour cette randonnée et mes magnifiques combines de ski pour lui montrer mon corps de mannequin de pieds. Nous sommes sur le chemin du retour et il me demande si j’ai le goût d’aller manger. Ben non. Ben voyons dont. On ne sait pas dit un seul mot de l’ensemble du temps qu’on a passé dans la montagne. Il ne fait que se résumer à « Why won’t you to talk to me in english? ». Sérieusement, je ne peux juste pas dire un oui. Je ne comprends même pas pourquoi lui-même veut continuer à passer du temps avec moi. Il m’a laissé poiroter (comme dirait Pierrette) derrière lui, seule, TOUT LE LONG DE LA RANDONNÉE, chocolat! (Comme redirait Pierrette). Je suis dans le néant. (Et me revoilà une personne terrible. 3, 4) Je lui dis que ma grand-mère est arrivée à la maison plus tôt que prévu. Aouch. Je sais, mais à ma défense, je l’avais prévenue que je n’allais pas pouvoir le soir. Et ce n’était pas totalement faux, ma grand-mère allait être en route vers ma maison, mais le lendemain. Ça ne se fait pas ? Non ? OK. Alors, il me conduit chez moi.

 

L’heure

la

plus

malaisante

de

ma

vie.

 

Tic

Toc

Tic

Toc

Malèze

 

Silence

Silence (pour les Anglos)

NON, MAIS UNE CHANCE QUE NOUS SOMMES PARTIS PLUS TÔT, SINON NOUS AURIONS ÉTÉ PRIS DANS LE TRAFIC. T’IMAGINES-TU 2 h 30 DE TIC TOC MALÈZE

 

J’étais tellement malalalalalalalalaise que j’ai texté un autre garçon pour savoir ce qu’il faisait ce soir, honte à moéééééééé.

Mauvais coup, après mauvais coup la chum.

On arrive enfin chez nous. Il me dit « It was nice to see you, We should do this again. ». Je lui réponds « Oué oué, me too ». Dès que je ferme la porte, je me confirme que c’était la dernière fois que je le voyais. Impossible que je revive une date de même. Non merci. Comme non de chez merci.

 

Le lendemain matin, je reçois un texte :

George: Hi!

Ben voyons dont.

Moi qui croyais avoir agi comme le Grinch, il faut croire que c’est attirant…

 

MG

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