« Mademoiselle, avez-vous besoin d’aide ? »

Tu sais comme moi que parfois les fins de session peuvent être très horribles sur le corps, sur la vie et, dans mon cas à moi, plus particulièrement, sur le mental. Mais tsé, encore à ce jour, je me remémore ce moment et je me pose tout simplement la question : « Maude, Pourquoi ? »

 

Check moé ben aller…

 

Cela faisait quelque temps que je jasais à un petit garçon sur les applications de rencontre comme le fameux Bumble. (On dirait que ça me gêne à chaque fois quand je dis aux gens que je me suis déjà inscrite là-dessus, mais je ne connais pas la raison qui m’évoque ce sentiment. Peut-être que c’est à cause que je n’ai jamais réellement été en date avec aucun des garçons que j’ai « like » sur Bumble. Je ne pourrais pas dire, mais ouain). Alors, parle, parle et jase, jase comme dirait tit Jacques pour arriver à l’événement croustillant de son histoire. Et je dois vous avouer que je ne comprends pas les gens qui vont s’étendre pendant dix ans sur les réseaux sociaux avant d’aller rencontrer la personne. De mon côté, je préfère rencontrer la personne dès le début pour ne pas perdre mon temps, car comme dirait Stephen : « Time is money! » (un grand sage du marketing). Où je veux en venir avec cela, c’est que j’avais l’impression que ça « glandait » avec lui. À chaque fois qu’on voulait se voir, ça finissait par ne pas arriver et ça m’énervait énormément. Tsé, mettre mes énergies dans une personne qui ne veut rien savoir, je vais aller voère ailleurs. Merci, bonsoère.

 

Alors, une journée avec très peu de sommeil, je me suis dit que c’était la journée où je mettais fin à tout ça. Et cette journée était précédée d’une remise qui s’est terminée à 4 h du matin. Ainsi, j’avais opté pour ma technique préférée : le dodo habillé. Cette technique consiste à s’habiller de manière confortable pour ma journée d’école du lendemain et d’aller me coucher afin que si mon réveil a du retard, je n’ai pas besoin de me casser la noix à essayer de choisir du linge. Le lendemain matin, presque aussi rayonnant que le soleil dans les Télétubies (mais qui rush un peu, mettons), je me dirige vers l’école. Sur le chemin du retour vers la maison, je fais un petit détour pour aller déposer son amie où ses parents l’attendaient. Et cet endroit se trouvait à proximité du dit lieu de travail à ce cher jeune homme, alors je le texte : « Allô, veux-tu que je te dise un tit kekou à la job ? ». STOP.

 

  1. C’est non.
  2. C’est non.
  3. C’est non, tu ne vas jamais rencontrer une personne pour la première fois à son lieu de travail.
  4. C’est non.
  5. C’est non.

 

Mon histoire aurait dû se terminer ici, mais comme je n’ai pas pris la bonne décision et que je n’ai pas suivi les cinq règles d’or présentées ci-dessus, il y a une suite…

 

Il me répond : « Oui, tu peux venir ! ». Oh la la ! Je vire excitée. Je prends mes clics et mes claques, je dis beubye à ma chum et je me dirige en direction de sa job. Quelle erreur ! (les yeux m’ont fermé et j’ai eu un pincement de douleur dans mon ventre, car je n’en reviens pas de ce que je suis sur le point de te raconter) je suis à deux pas de rentrée, je l’appelle. Il me répond, mais il me dit qu’il ne peut pas me répondre tout de suite, car il est avec une cliente, mais que je peux rentrer et l’attendre dans le magasin. Je rentre.

 

C’est un magasin de meubles haut de gamme. Oh c’est sûr que c’est une blague !

 

Je n’ai aucunement la tête d’une fille qui va magasiner des meubles, on va se le dire, mais j’essaie de me convaincre moi-même et je pousse la porte avec confiance et conviction. Je suis nerveuse au boute. Je vois passer une silhouette d’homme avec une cliente. ZOUP (bruit d’un déplacement rapide). Je me cache dans une section loin de l’endroit où cedit homme se dirige. Je panique un peu, car je n’ai pas mes lunettes et je ne suis pas capable de discerner si c’est lui ou pas de loin. Je commence à paniquer, je n’ai aucunement le goût qu’on se ramasse un en face de l’autre à cause que je suis assise sur une belle chaise de velours émeraude et qu’il souhaite la conseiller à sa cliente. Je me résonne, je suis rentrée, je ne peux pas juste ressortir comme une tite brebis apeurée. Tout en restant cachée derrière une colonne telle qu’une espionne en herbe, je ne fais que balancer mon corps légèrement à gauche pour voir si cette section est libre d’exploration. Au même moment, j’entends un « Bonjour Madame, est-ce qu’on peut vous aider dans vos recherches ? » Je sursaute comme jamais. Je me retourne vers elle et je la regarde avec un sourire de fille ben malalalalalaise, car elle m’a prise lorsque je me prenais pour James Bond et je lui réponds que tout est correct pour moi et qu’elle est bien fine. Elle me répond avec un silence et un sourire fake et retourne à l’accueil.

Je commence à explorer la section dans laquelle je suis comme une personne normale. Après avoir fait trois fois le tour de la même section, je prends mon courage à deux mains et je décide de traverser vers une autre section, la section des chambres à coucher. Dès mes premiers pas en dehors, je vis un stresse immense et je ressens le besoin de retourner à toute vitesse dans la section de départ accessoire cutie pie. Cependant, je décide de passer, disons, par la mauvaise place, je me ramasse la tête dans une jungle de fausse plante. Parce qu’il fallait de toutes les entrées possibles que je prenne la plus serrées et la plus occupées par des plantes (il faut croire que j’ai un faible naturel pour les plantes).

 

Bing

Bang

Fonce dans le pot de fleurs

Essaie de le rattraper

Hip, ça ne marche pas…

Awaille à terre le vase de fleurs en crystal à 400$

 

Tout ça pour dire que je me suis ramassé la tête complète dans les arbustes. Je recrachais les tiges et j’étais sur le point de retirer la branche qui m’avait été plantée dans la narine (c’est le cas de le dire une plante plantée… tu l’as pognes-tu ?), lorsqu’un homme m’approche et me dit « Mademoiselle, est-ce que vous êtes correcte ? »

 

Silence

 

Je regarde à gauche et à droite.

 

Et je lui réponds avec ma branche bien enfoncée dans ma narine comme si de rien n’était : « Oui, oui ! A1! Comme sur des roulettes ! » (avec un bon vieux thumbs-up pour bien closer le malaise). Il me lance un regard jugeur et se dirige vers une direction inconnue du magasin. Je retire la tige de mon nez et je suis découragée. Cela fait 15 minutes que j’attends et il est encore avec sa cliente. Là ça suffit les conneries, je sors de cette section sinon ce sont des plans pour que l’ensemble des employés appelle Info Santé et pose des questions sur quel genre de maladie j’ai.

 

Je commence à marcher dans le magasin, jusqu’à tant que je croise un miroir. Oh petit Jésus. Je commence par me regarder les pieds… Je portais des vieilles bottes dont les lacets m’avaient lâché le matin même, alors j’avais pris mes lacets de converse blancs et je les avais mis sur mes bottes noires… l’ensemble est terrible. Je remonte le outfit et mon regard s’arrête sur mon haut j’ai un immense hood avec un manteau Tommy Hillfiger d’homme. J’ai l’air d’une fille qui essaie d’être sportive. Oh Jésus. Je regarde au loin la dame en robe avec un long manteau de feutre et je suis découragée par mon habillement. Mes yeux finissent par s’apposer sur mon visage. STOP.

 

Avant que je commence à me décrire, je te conseille d’aller sur Google Images et de rechercher « Bibi et Geneviève ». La beubitte verte, je ressemblais à cela.

 

Mes cheveux étaient le reflet de ma courte nuit, mes yeux étaient creusés par les cernes et le stresse avait ravager mon visage avec des boutons. J’ai eu peur de moi-même quand je me suis vue. Au même moment que je constate ma laideur, je vois son visage apparaître vite vite dans le coin de mon miroir. Je me retourne, il est en train de montrer une magnifique commode en bois d’acajou pour la chère dame. Il prend son téléphone et au moment qu’il le redépose, le mien sonne. Je le regarde et il m’a écrit qu’il est désolé de ne pas être à moi, la cliente lui prend plus de temps que prévu. Je lui réponds que ce n’est pas grave, que je vais l’attendre.

 

Malgré ma laideur je tiens le coup. Je regrette d’avoir mis les pieds dans le magasin. Cela fait plus de 45 minutes que je tourne en rond. Je commence à perdre légèrement patience et mon ventre me crie à tour de bras qu’il est affamé. J’abandonne, je décide de m’asseoir dans une chaise. Une dame me voit et se dirige vers moi. Nenon, pas encore là. Elle me dit :

 

– Mademoiselle, cherchez-vous quelque chose en particulier ?

– Non, je suis ici pour voir Tanguy.

– Désirez-vous que j’aille l’avertir de votre présence, il ne semble pas au courant ?

– Non, il est au courant. Il est présentement avec une cliente. Il viendra me voir après…

 

Malheureusement, j’étais dans le déni, car une heure et demie plus tard, après mes trois naps différents sur divers matelas (je suis définitivement une fille de matelas semi-mou) et dans divers décors (le sommeil me venait plus rapidement dans une ambiance chic, mais décontractée), j’ai pris la décision de quitter le magasin. Dès que la vieille dame tourna le regard, j’ai accompli le plus gros sprint de ma vie et j’ai traversé les portes du magasin vers l’extérieur. À ce moment, j’ai réalisé que j’avais eu ben l’air pathétique.

 

Pi ben c’est ça.

 

Comme dirait Jean : « Ne lâche pas la dating ma jeune ».

 

Et je lui répondrai un pouce levé (thumbs-up) de championne….

 

Malèze.

 

MG

 

 

Oué, oué. Me too! (partie #2)

Es-tu prêt(e) à te remettre dans le bain?

Ok, 3, 4.

Bloup, bloup.

C’est parti.

George m’attend dans l’auto. Je regarde par la fenêtre entre deux panneaux de stores pour voir s’il a l’air similaire à ses pics Instagram. OK, c’est lui ! Je sors dehors, je suis nerveuse comme une chenille qui se transforme en beau papillon. Je tiens le regard bas à la hauteur de mes pieds, en cas de prévention à la chute (je ne fais qu’être prudente). J’ouvre la porte de derrière, et je lance un « allô » en déposant mes raquettes et ma salopette (oui, oui, ma salopette comme un enfant de 4e année qui va jouer chez son ami tit Guy). Il me répond un « Hi ». Oh petit Jésus ! J’avais oublié. Oh Jésus. Parce que, oui, petit détail important que je n’ai pas mentionné, le gars est méga solide anglophone (tu l’as pognes tu maintenant George, c’est George, mais dit avec un accent english. OK, elle n’était pas si drôle)Toutes personnes qui étudient avec moi savent que je déteste parler en anglais. (Ce qui est très absurde, car j’étudie dans une université anglophone, mais bon hein). Même qu’il m’arrive de m’obstiner à répondre en français à mes professeurs (les pauvres), alors mes amis deviennent mes traducteurs privés. Histoire vraie. Bref, peux-tu te dire que la motivation de discuter en anglais ce matin est à – 10/1000 (si tu n’avais pas deviné plus tôt, ceci est une échelle de motivation que j’utilise dans l’ensemble de ma vie pour n’importe quelle situation. Mon usage est un petit peu abusif et cela devient légèrement agressant à la longue). Je m’assois. Je commence la conversation en anglais. Après mes deux premières phrases, je me dis que c’est assez pour aujourd’hui. George comprenait super bien le français, alors pourquoi me fendre les foufounes ? Tsé veux dire. (Tu me détestes encore hein ?)

Il est possible de conclure que je considère George comme mon âme sœur dès les premières minutes de notre rencontre. Oué.

 

La route se déroule super bien, on parle un peu de n’importe quoi. Mais au moment où on est sur le point d’arriver à la montagne (une heure plus tard), je réalise que j’ai épuisé l’ensemble de mes sujets de conversations et qu’il me reste encore l’ascension complète du mont ET LE RETOUR. Je commence à paniquer… légèrement. On débarque de l’auto et il est temps de se préparer pour la randonnée. Je me déplace vers l’arrière et je mets mes pantalons de neige. HIPELAYE. Je réalise que j’ai commis une immense erreur la veille ; un retour au gym. J’avais les jambes aussi stiff que des pattes de poules. Tous les mouvements que j’exécutais me prenaient l’ensemble de mon énergie. Je n’ai rentré qu’une seule de mes courtes cannes dans ma salopette que je réalise que je suis déjà à bout de souffle. Je fais comme si de rien n’était, je continue à me préparer en lui lançant l’un de mes plus beaux sourires les moins convaincants. Je finalise mon sexy outfit qui se résume à mes pantalons de neige orange et rose fluo pour bien l’aveuglé, mon manteau North Face bonhomme Michelin (je tiens à clarifier que je parle bien du personnage fait à partir d’un empilage de pneus) et ma tuque qui me donne une tête d’œuf (elle est tellement serrée qu’elle finit toujours par se ramasser juste sur le dessus de ma tête comme un cône, c’est super). Je me sens, comment dire, aussi sexy qu’une Megan Fox qui va faire de la pêche sur glace, not. On se dirige vers l’entrée du sentier.

 

On arrive au début de la piste… J’ai passé à deux poèls de virée de bord. Oh non, nenon. Déjà que j’ai perdu la moitié de mon énergie en mettant mes pantalons de neige, je viens de céder le restant en montant mes yeux jusqu’en haut de cette piste. Comment vous expliquer… le chemin était aussi abrupt qu’une piste de ski dont la pancarte indique 100 losanges noirs (pour te mettre en contexte, j’ai de la misère à faire les pistes familiales avec un cercle vert). Il s’élance. Je le suis. Cela ne fait qu’une minute et j’ai la patate cardiaque dans le tapis. Je manque de souffle. J’ai chaud. Il faut que je trouve une manière de prendre une pause après deux minutes de marche sans que ça ait l’air d’être à cause que je n’ai aucun cardio, mais bien, car je suis une fille en forme qui cherche à améliorer ses performances. Je m’observe. AH ! LES RAQUETTES. Je m’arrête. Je me plie en deux et je commence à jouer avec toutes les ganses et les clips pour les « arranger » telle une mécanicienne de la raquette hivernale. Je relève ma tête rouge comme une tomate à cause de mon corps qui bouillonne de chaleur et l’ensemble de mon sang qui est rendu dans celle-ci à force d’étirer le temps en flattant mes raquettes (parce que, oui, après 30 secondes, il est possible de conclure qu’il n’y a pas 100 éléments à fixer sur ses raquettes, donc je manquais un peu d’inspiration). Après cinq minutes, je réalise que je ne peux pas éterniser encore plus la chose, je repars. Un autre cinq minutes plus tard, je ne suis plus capable. Je dégouline. Je sens une goutte qui glisse contre mon visage, je ne m’endure plus ! Je m’observe pour une seconde fois et la tactique des raquettes me tente, mais je crois que si je la réutilise cela va être évident que je ne suis tout simplement pas en forme. Je compte mon nombre de chandails et je me dis qu’un de moins pourrait aider mon corps à se tempérer et cela pourrait être coquin, n’oublions pas qu’on est encore dans le contexte d’une date. OK superbe ! J’enlève mon manteau. Je retire mon chandail. J’essaie de le ranger dans mon sac, il est trop gros, je suis incapable. Je pousse comme une bonne folle. Il me propose de le mettre dans son sac, mais je me garde une rikiki gêne avec l’odeur qui a dû s’imprégner dans mon kangourou. Celle d’une jeune femme qui a beaucoup de volonté, mais qui est peu en forme à cause de son petit gras d’ours polaire. Je réessaie quelques fois à le faire rentrer dans mon sac (je ne suis pas conne, j’essaie de gagner du temps de pause, bon). Je l’enroule autour de ma taille. Nous repartons et nous arrivons, finalement, à la fin de ce chemin que l’on pourrait comparer à la montée de l’Everest.

 

George prend un moment pour regarder les diverses pistes qui mènent au sommet. PARTÉ, je peux reprendre mon souffle. Nous repartons dans une autre direction. Je marche à sa vitesse, et je m’avoue que je ne suis aucunement capable de le suivre. Je suis tellement essoufflée que je suis incapable de répondre à ses questions lorsqu’il m’en pose (et c’est tellement malalalalalaisant qu’il ne m’en pose aux 20 minutes). Je me tiens à des réponses qui ne contiennent pas plus que quatre mots pour ne pas que mon essoufflement se fasse ressentir. J’avais l’impression d’être le genre de personne qui a gonflé des ballons pendant deux jours de suite, sans pause, et qui souhaite reprendre son air, mais qu’elle est incapable, car elle vient de recevoir l’annonce que c’est la fête de son amie Jocelyne et qu’elle doit regonfler des ballons (tu la pognes-tu ?). Bref, plus nous avançons dans la montée, plus je réalise que je m’en fous. Oui, je m’en fous. Je suis tannée d’essayer de le suivre, je ne suis in-ca-pa-ble. Alors, je décide de ralentir le pas. Il se retourne. Il me regarde dans le blanc des yeux et…continue. IL NE DÉCÉLÈRE PAS. IL GARDE LA MÊME VITESSE. AUCUNE PITIÉ. Toutes les 15 minutes, j’avais le droit à un « How’s going back there? », et je dois vous avouer que c’était la phrase la plus mignonne qu’il m’a dite dans l’ensemble de notre journée. Je me sentais en santé et vivante, tsé.

 

Nous arrivons à une nouvelle croisée des chemins. Je ne souhaitais qu’une chose qui me pointe la piste que nous venions de prendre, afin de retourner sur nos pas. Entre temps, nous avons rencontré des gens qui faisaient du ski de fond. Au même moment, l’un d’eux tombe dans la neige et perd ses skis. Mon instinct de survie s’enclenche. Je saute sur l’occasion pour prendre une branche de sapin. Je cogne le garçon avec celle-ci, afin de le sonner, et je pars avec ses skis vers le pied de la montagne. (Ce n’est définitivement pas ce qui est arrivé, mais cela m’a réellement traversé l’esprit. Tu sais quand ta date se déroule juste trop bien ? Awn, c’est si beau les papillons du premier rendez-vous.). Il me pointe le prochain et dernier chemin pour atteindre le sommet. Nous voilà repartis.

 

Il recommence à avoir la jasette (te le dis! J’étais aussi surprise que toi). Par contre, la conversation ne s’étend sur qu’un seul sujet, lui qui veut absolument que je lui parle en anglais. Ça fait plus de 15 minutes qu’il me parle de ça. Je pogne les nerfs à l’intérieur. Malgré que je lui répète depuis le début que je n’ai pas le goût et ni l’envie de converser en anglais, car je ne suis pas alaise. Il continue à pousser et à pousser. Peux-tu te dire que lorsque j’ai vu que le message ne passait pas, j’ai EXTRÊMEMENT RALENTI LE TEMPO. Je voulais avoir la sainte paix…

 

Nous sommes rendus à la moitié du chemin final. Seigneur de petit Jésus. Celui-ci vient de me délivrer de ma souffrance. George ne cessait de me dire qu’il avait mal à la cheville depuis le début de la montée, et étant donné mon état de jeune athlète olympique dans la catégorie plongeon, je ne souhaitais qu’à chaque fois qu’il me dise qu’il n’était plus capable de supporter sa cheville, afin que l’on redescende. Et ce moment, mesdames et messieurs, s’est produit. Un peu trop tard, mais bon, on ne se plaindra pas. Il me demande ce que je désire faire, je lui réponds « ça ne me dérange pas » (ne mentez pas les jeunes, c’est méchant). Il prend la décision d’arrêter pour sa cheville. Nous faisons demi-tour. Une larme de joie s’écoule sur mon visage. Je me sens reprendre vie, comme si une petite lumière me soulevait de bonheur.

 

Après une descente à un bras de distance de chacun, devrais-je dire à 100 km de distance de chacun, nous sommes enfin au pied de la montagne. Nous nous déshabillions. Je conserve ma tête d’œuf pour le trajet du retour pour ne pas trop l’horrifier et lui démontrer mes efforts trop prononcés pour cette randonnée et mes magnifiques combines de ski pour lui montrer mon corps de mannequin de pieds. Nous sommes sur le chemin du retour et il me demande si j’ai le goût d’aller manger. Ben non. Ben voyons dont. On ne sait pas dit un seul mot de l’ensemble du temps qu’on a passé dans la montagne. Il ne fait que se résumer à « Why won’t you to talk to me in english? ». Sérieusement, je ne peux juste pas dire un oui. Je ne comprends même pas pourquoi lui-même veut continuer à passer du temps avec moi. Il m’a laissé poiroter (comme dirait Pierrette) derrière lui, seule, TOUT LE LONG DE LA RANDONNÉE, chocolat! (Comme redirait Pierrette). Je suis dans le néant. (Et me revoilà une personne terrible. 3, 4) Je lui dis que ma grand-mère est arrivée à la maison plus tôt que prévu. Aouch. Je sais, mais à ma défense, je l’avais prévenue que je n’allais pas pouvoir le soir. Et ce n’était pas totalement faux, ma grand-mère allait être en route vers ma maison, mais le lendemain. Ça ne se fait pas ? Non ? OK. Alors, il me conduit chez moi.

 

L’heure

la

plus

malaisante

de

ma

vie.

 

Tic

Toc

Tic

Toc

Malèze

 

Silence

Silence (pour les Anglos)

NON, MAIS UNE CHANCE QUE NOUS SOMMES PARTIS PLUS TÔT, SINON NOUS AURIONS ÉTÉ PRIS DANS LE TRAFIC. T’IMAGINES-TU 2 h 30 DE TIC TOC MALÈZE

 

J’étais tellement malalalalalalalalaise que j’ai texté un autre garçon pour savoir ce qu’il faisait ce soir, honte à moéééééééé.

Mauvais coup, après mauvais coup la chum.

On arrive enfin chez nous. Il me dit « It was nice to see you, We should do this again. ». Je lui réponds « Oué oué, me too ». Dès que je ferme la porte, je me confirme que c’était la dernière fois que je le voyais. Impossible que je revive une date de même. Non merci. Comme non de chez merci.

 

Le lendemain matin, je reçois un texte :

George: Hi!

Ben voyons dont.

Moi qui croyais avoir agi comme le Grinch, il faut croire que c’est attirant…

 

MG

Oué, oué. Me too! (partie #1)

Taluuuuuuuuuuuuuuut !

(Moi qui te retiens de tomber de peu importe la place où tu te trouves, que ce soit une chaise, un lit, un trottoir, une trottinette [r’garde où qui te plaît]) Eh oui, malheureusement, je suis encore vivante. On va s’avouer ici nos quatre vérités, je ne suis, définitivement, aucunement assidue. Sérieusement, cela fait pitié ! Il est possible de conclure, dans ce cas-ci, que je ne deviendrais pas une business girl en vous harcelant avec des up coming articles sur ma story Instagram ou en faisant des vidéos de ma vieille tête. Bon, on va commencer avant que tu te rappelles que je te gosse, légèrement, un peu.

Comme dirait ma grande chum du Nord : « 2019, l’année du sexe » et je lui répondrai « On me le souhaite ça fait 100 ans que je n’ai pas eu de sexe ! »

Après l’avoir ri en titi, j’ai réalisé que ma réponse se rapprochait, tristement, de la réalité. Alors, je me suis dit que j’allais être active sur le marché des célibataires en tentant d’aller à des dates. Rappelons-nous que je ne suis jamais, réellement, allée en date. Mettons. Tsé. Ouain, non. C’est la réalité. Ainsi, tu peux comprendre que je ne détiens, certainement, pas une ceinture noire dans le domaine du « swipage » sur Tinder. J’ai le pouce, légèrement, fatigué après trois têtes et un sentiment de culpabilité qui m’empare quand je croise des gens que je connais ou des fréquentations dont j’ai mis terme la veille (malèze). Je ressens ce besoin et ce goût d’arriver à faire le quart de ce que certaines personnes font, car oui, nous, les millénaux, nous détenons des GODDESSES de dating life. Ce sont des gens qui sont capables de date un individu différent à chaque repas de la journée ; un pour le petit brunch coquin du matin (si tu considères la mauvaise haleine du matinale comme un turn on, cette heure est conseillée pour toi), un pour le dîner (cependant, il n’est pas très recommandé, car c’est trop une atmosphère casual), un pour le souper (oh la la ! Si tu veux être une tarte mignonne, c’est le bon repas à choisir) et quand les GODDESSES de Bumble se sentent funky, elles ont le droit à une personne pour un verre durant la fin de soirée (ça les copains, c’est coquin de chez coquin) ( j’ai l’impression d’être une rédactrice de chez Narcity. Woop! Woop!).  Alors, si on fait les calculs, le quart équivaut à une personne par journée. Donc, ça devrait être faisable comme objectif que je me disais…

PS Les parenthèses de conseils, mentionnées plus haut, sont déconseillées pour une dating life en santé. Si tu appliques, tu vas te ramasser comme moé chum. Penses-y deux fois.

 

Jusqu’à temps

Qu’un jeune homme slide dans mes DM, parce qu’aujourd’hui on sait qu’il n’y a rien de plus romantique que quelqu’un qui t’envoie un message Instagram. À chaque fois, j’ai un petit pincement de cœur, car j’aimerais, définitivement, plus recevoir un tweet, tsé veux dire. (Comprends-tu ? Non ? Parfait, moi non plus ! On continue). Alors, ce monsieur que nous allons appeler George pour les besoins de la cause (la cause, ici, qui est le fait que je vais te partager une histoire vraie, ouéoué, it is based on a true story mon cher, comme un bon vieux film d’Hollywood). Avant que l’on commence, je tiens juste à dire que tu as mal lu le nom, c’est George, pas George. Non. Tu ne l’as toujours pas. En tout cas, tu comprendras plus tard.

DONC (oui, je te le promets que l’histoire commence maintenant !), nous jasons sur les réseaux sociaux. Et puis, on prend le numéro de l’un et de l’autre. Et nous arrivons à ce fameux moment où George me demande si j’ai un petit trou pour lui pour qu’on se jase de nos vies respectives en espérant impressionner l’un et l’autre. J’étais très hésitante face à cette rencontre, car George ne faisait pas partie de ma palette. THE PALETTE, comme dirait ma chum Alex : « Si tu ne fit pas dans la palette à Maude, Good Luck mon chum ! » En d’autres mots, ce qu’elle essaye de transmettre comme message, c’est que je suis légèrement, juste un petit peu, mais comme vraiment pas beaucoup difficile avec les garçons. (Si jamais vous voulez savoir si vous passez le test, messieurs, veuillez m’écrire en privé. C’est une blague. C’EST UNE BLAGUE. NE FAITES-LE PAS ! Merci ). Alors, disons que je n’ai pas pris le temps de prendre le temps de passer du temps avec lui (j’ai ce pressentiment que ma répétition maline du mot « temps » te donne envie de t’arracher les poèls de la tête, hehe), mais, en 2019, j’ai attrapé mon courage à deux mains et j’ai dit oui. Oui à la date. Eh merde.

 

Le gars me propose une date surprise toé.

 

La date pas mal surprise confettis va comme suis :

(Prépare-toi à me détester durant le premier paragraphe). Nous sommes à la veille de notre rendez-vous. Il est 23 h du soir et je vis des regrets. Il m’écrit qu’il a hâte de me voir et je n’ai aucunement ce sentiment en retour, donc je ne fais que lui envoyer ma fameuse lune malaisante qui évite son regard. Cependant, je me fais à l’idée que c’est sûrement juste parce que je suis fatiguée ? (OK, svp, ne me juge pas, je finis par y aller!) Il termine en m’écrivant que demain je vais devoir être prête tôt le matin. Moi, nonchalante, innocente, je me dis que je me réveillerai au gré de mon être, étant donné que je suis un petit early bird (très faux, je n’avais juste aucune motivation et je me cherchais une excuse pour le lendemain. Honte à moi !)

 

Jour de la date surprise, dont j’ai reçu l’ensemble des confettis dans le visage :

Je me réveille, 8 h du matin (maudite marde que c’est tôt), je vois que j’ai texto de sa part me disant « Good Morning ». Je culpabilise. Je fixe mon téléphone et je me demande si je fais profil bas sur les réseaux sociaux et je demeure hors ligne ou si je lui réponds pour lui annoncer mon réveil. Je prends la décision méchante, et j’y vais avec la première option. Une heure et demie plus tard, je culpabilise à 10/10, je ne peux pas continuer. Je lui réponds que je suis debout. Il me dit que nous avons toujours assez de temps pour accomplir l’activité qu’il souhaite faire……………………………………………………………………..

 

MOUNTAIN CLIMBING. osti.

 

Où sont les caméras cachées de « Je t’ai eu ! » ?

Comme nenon là.

Habituellement, j’aurais été la première à sauter de joie, car j’ai cet amour, cette passion pour le plein air, mais là, pour un rendez-vous ? Hen hen, no way. En lui répondant, je m’embarquais dans une date qui va non seulement s’écouler sur une journée COMPLÈTE, MAIS QUI COMMENCE DANS UN CHAR. AIDEZ LA QUELQU’UN!

Suite à venir.

MG

Le trésor empoisonné

J’ai 20 ans.

Je suis de retour au chalet par ce mois gris de novembre. Je suis seule. Seule au monde. Je n’ai aucun contact avec l’extérieur, car je n’ai pas réseau Wi-fi, mes voisins ne sont pas dans leur maison, mes parents ne m’ont pas accompagné. Je suis seule, seule étendue sur mon divan vert crotte de nez foncé pas mal laitte et ensevelit par deux doudous brunes ben ben douces (tu n’y créerais même pas tellement qu’elles sont douces). Bref, hein on ne va pas commencer le concours de la personne qui a les doudous les plus douces à son chalet, ok ? Calme ton esprit compétitif loh. En gros, je suis dans mon salon, je regarde par la fenêtre en écoutant ma playlist « franco doux » (je sens le jugement de mon nom de playlist à des kilomètres à la ronde, r’garde j’essayais juste d’être un peu poétique. Gimme a chance chum!) surtout les jams à Charlotte Cardin, el l’aime ben gros la petite. Caline, j’ai l’air 0 sérieuse, et je veux vraiment te transmettre cette drôle de sensation que j’ai dans l’estomac. Alors, pu de joke. Je vais être drôle une autre fois ok ?

3, 4.

J’écoute Double Shifts de Charlotte Cardin et je ressens cette drôle de sensation dans mon corps.

« But I noticed that you noticed me 
I’ve been a good girl just for you baby
Been working double shifts, it’s you who made me ».
[Paroles de la chanson, je voulais te mettre dans l’ambiance loh]

Je me sens encore plus seule au monde que lorsque j’étais au Pérou durant mon voyage solo. Je ne suis toujours pas capable de m’habituer au fait qu’il ne soit plus là. Plus là pour me mettre un chrono dans les founes quand je me dirige vers Québec (ouff hein, j’aurais pu être plus cute là-dessus mettons), car il a hâte de me voir. Plus là pour me proposer des activités, des soirées. Plus là pour me tenir compagnie durant chaque seconde que j’ai ici. Un vide. Un vide immense m’habite. J’ai juste le goût, le goût de je ne sais quoi. Je le voudrais avec moi, mais je veux qu’il soit heureux. Et mettons que si je fous la marde, ben il ne le sera pas ben ben.

« So tell me when
To tell you again
That I »
[Awaille dont, encore un petit peu d’ambiance]

La dernière fois que je suis venue au chalet, j’ai fait cette terrible erreur. L’erreur de débutante ; essayer de prendre des nouvelles. Je n’aurais jamais dû. On dirait que la blessure s’est encore plus agrandie. Cette conversation extrêmement superficielle m’a confirmé que nous nous étions complètement détachés l’un de l’autre, du moins surtout lui. Je l’avais perdu comme ami. Ça fait super étrange, car il ne s’est jamais rien passé avec lui, mais j’ai l’impression d’être considérée comme une ex de son côté, et je vis le deuil d’une personne qui s’est fait laisser, mais à moins grande échelle bien sûr.

« I wouln’t mind, wouldn’t mind, wouldn’t mind
If you called me up sometime
I wouln’t mind, wouldn’t mind, wouldn’t mind
You know I’m cute, I’m kind and I’m willing
Call me up and you’ll see what you’re missing
I wouln’t mind, wouldn’t mind, wouldn’t mind
If you called me up sometime »
[woah ok, c’est la dernière fois]

Mon cell sonne, ce sont des messages textes. Des messages textes de garçons, dont j’ai plus ou moins d’intérêt envers eux, mais je continue à leur parler pour me donner un peu d’estime de moi. J’ai juste besoin de cette attention masculine pour me confirmer que je suis encore potable, mais rien de plus. Mais cette tristesse, que je ressens ne s’étend pas jusqu’à Montréal, elle est ici. Et elle m’occupe toujours lors de mon trajet en direction de Québec, car je sais que les souvenirs et les ressentiments m’attendent au chalet.

MG

Ps: by the way la gang, je vais bien. J’avais juste le goût de te ressortir un vieux texte qui te ferais vivre peut-être une beubé émotion. Je feel émotive ce soir.

Gros beusous

 

Mon one-woman-show

Comme tu le sais très bien (à chaque texte, je t’en fais part, suit la game si tu n’es pas au courant) ces temps-ci ma vie amoureuse est un gros mess. Plus précisément, mettons que dans mon dictionnaire le Petit Maude les termes « ces temps-ci » sont des synonymes de « depuis 4 ans ». Alors, tsé veux dire… Je n’ai même pas besoin de continuer ma phrase, tu le sais. Bref, où je veux en venir avec ça, c’est que je pense que c’est rendu un running gag avec mes amies et ça me rend malalalalaise. Tsé, j’ai l’impression qu’elles me mettent constamment sous le projecteur et qu’elle me lance dans mon premier one-woman-show sans que je le veuille.

L’autre jour.

« Et puis, Maude ? Que se passe-t-il avec tes BbBbBBBbbbBBbBBBooOOOooOOoOOOOOoOOOYyyYYyYYyYSSssssSSsSSz ? »

Mesdames et messieurs, je vous présente la question qui me toujours pogner les nerfs. La longueur interminable de cet anglicisme me lève les poèls de bras et je constate que mon amie à l’air d’une vraie cruche à essayer de donner aussi d’effet à un mot. Parce qu’on se rappelle qu’un mouvement de temps et de différentes intonations sont souvent rattachés à cette expression. En gros, elle l’a l’air d’un canard qui fait la moue, dont le morceau de pain ne passe pas bien dans la gorge.

Une autre chose qui me fait tenir le poèl de bras ben gros en l’air est l’utilisation du déterminant « les ». Pourquoi ? Ceci est la seule question qui me vient en tête. Est-ce que j’ai l’air de Queen B ? D’un mannequin ? D’un influenceur ? Non, alors pourquoi aurais-je plus d’un seul garçon après moi ? Tsé, le déterminant « le » lui sauverait plus de salive et elle ne me mettrait pas constamment le couteau dans le cœur sur le fait qu’aucun garçon ne me désire depuis plus de quatre ans. Elle me rend du rêve sur mes capacités à séduire les garçons et des fois je m’y rattache comme une nounoune.

En gros, suite à cette question j’ai l’air d’un ours, car avec mon poèl relevé, je suis poilu à souhait qui est semi-content de voir son saumon se faire tout mangé par son bon chum qui lui avait promis de partager. Mais, pour être gentil, je lui raconte encore mon flop de garçon qui va comme suit :

Avant mon voyage, l’amour de ma vie me dit ENFIN qu’il a un intérêt. Et, il m’a bien avoué que peut-être lui aussi au fond, comme ouain, genre du style, il aurait, peut-être, mais emporte toi pas Maude, comme une petit, mais mini intérêt…

MAIS (osti, el savais, c’était trop beau pour être vrai)

Qu’avec les circonstances de crushes amoureux entre amis d’enfance et meilleurs amis que ça n’allait pas être possible, ou du moins difficile à pousser la relation d’amitié à l’autre niveau du genre peut être fréquentation coquine. Après cette conversation, je suis sur un semi-nuage. Il a un intérêt, mais il ne sait pas si ça pourrait marcher. Mais aussi l’autre problème, c’est que je m’apprête à partir pendant un mois dans un pays de l’Amérique du Sud.

Durant mon voyage, nous nous donnons quelques signes de vie, mais rien de plus. Nous nous ne reparlons pas de notre conversation entre nous, mais de mon côté j’en parle à chaque inconnu possible que je rencontre, car maudine je veux savoir quoi faire à mon retour. Après avoir recueillis plusieurs conseils exotiques, la conclusion est que je ne peux pas arrêter de vivre pour les autres, car sinon je ne vais jamais pouvoir réaliser mes propres envies. Sur ces belles paroles latinos, je me prépare pour qu’à mon retour, je puisse le reconquérir comme une chevalière. En gros, je me mets en gros mode french.

Dès que j’atterris à Montréal, je décide de partir pour mon chalet pour aller le voir. La minute où je débarque de mon automobile, je le texte :

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

(Le bruit de mes textes qui s’enfilent dans la conversation de imessage…) Tu peux conclure que je ne reçois aucune réponse, mais je continue, car je suis une petite fille persévérante, souriante et dynamique.

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

Hop !

Ho !

Ho !

H !

H !

H !

H !

IH CRISS !

IL EST EN COUPLE.

Pause-silence-soupir de découragement. Je regarde vers le ciel pour retenir mes larmes, et j’entends un cillement.

Je redescends mon regard vers elle, l’osti. Elle se met à éclater de rire.

EXCUSE-MOI PEUX-TU ME DIRE OÙ EST LA JOKE ? Je sais que mon punch d’histoire était aussi bon que ceux de Martin Matte dans son spectacle, mais je ne croyais pas être aussi drôle. C’est quand même fascinant comme elle s’est fait un plaisir malsain avec ma peine. Je pourrais peut-être réinventer les spectacles d’humour au Québec. Définitivement une option à considérer pour ma future carrière.

En gros, elle pleure de rire, et moi je pleure de tristesse. J’essaie de tourner mes pleurs, comme si je venais de rire.

Et elle conclue en disant: “Aille ! Toi et ta chance avec les garçons, hein !”

MG.

« Vous devez quitter la destination » (partie #2)

Pour ma chère Gabrielle,

Désastre total. Tu ne veux même pas savoir la suite.

Fin.

 

 

 

 

 

 

 

Mauvaise blague ok. Je sais. Je suis pourrite, oui oui comme une poire pourrite pour faire des blagues. Peux-tu croire qu’une personne m’a déjà proposé AVEC UN TON SÉRIEUX, lorsque j’étais en questionnement sur mon avenir, d’aller à L’ÉCOLE NATIONALE DE L’HUMOUR. Pour de vrai, je respecte les humoristes et ils font un des plus beaux métiers au monde selon moi, mais ALLÔ ! Je n’ai pas ce talent. J’ai de la misère à faire rire une tortue (pour être honnête, je n’ai aucune idée si c’est facile à faire rire une tortue, mais l’image de la fille qui raconte une blague à une tortue et celle de la tortue qui rie, je les trouvais cocasses). Est-ce que tu m’imagines ? La fille, située au centre de la scène, qui est tellement gênée qu’elle tourne en rond sur la scène et qu’elle fait des petits jeux de pieds (je te jure que quand je vis une grosse émotion, je ne sais plus comment gérer mon corps, alors il m’arrive parfois de juste faire des mouvements bizarres. Ouin, la fille est, légèrement, étrange tsé). Non seulement elle essaie ben gros de ne pas être malaisante, mais, aussi, de faire rire les gens. Bref, on pourrait qualifier le tout à l’aide du mot « horreur ». Même moi je ne te conseillerais pas d’acheter mes billets. Seulement ma grand-maman aurait le droit de prendre des billets, car elle veut absolument être ma plus grande fan. Maudit que je l’aime et que je passerais mes journées à lui croquer les joues… En tout cas, je ne veux pas vous raconter comment j’aime ma grand-mère et à quel point la fille me connaissait 0 pour me lancer une connerie de même comme proposition d’avenir, mais bien de LA soirée.

On passe la soirée ensemble, pi ben ça se passe hyper bien ! Oué oué, je te le dis. J’ai réussi à avoir le droit à une invitation pour dodo à sa maison malgré ma montée sportive de patate grelot. Cela est, définitivement, un exploit à inscrire dans mon journal intime.

Finalement, c’est peut-être beaucoup moins excitant que je le pensais. Après la soirée, nous sommes de retour chez eux et nous sommes prêts à nous écraser en pyjamas pour le restant de la soirée. Ouin, LE PYJAMA. Je n’aurais jamais pensé que choisir un pyjama pouvait être aussi compliqué. Sur mon départ, j’avais pris un vieux pyjama qui traînait dans ma chambre vite vite et je l’avais mis dans mon sac. Mais l’affaire, c’est que je ne savais pas trop s’il s’attendait à un pyjama sexy de ma part tsé. OK. J’aimerais prendre un moment pour parler de ma relation avec les pyjamas sexy ou les déshabillés, si tu préfères. Non, mais ça ne fonctionne juste pas avec moi. On voit toujours dans les films la fille qui ouvre la porte de la chambre de bain full sexaaaaaaay avec beaucoup de confiance qui est appuyée sur le bord de la porte. Ben moi je serais du genre à :

1. Mettre mon déshabillé à l’envers.

2. Me rentrer la face sur le bord de la porte en essayant de sortir de la toilette.

3. Essayer de me déhancher de manière sexy jusqu’au lit (mais d’un point de vue extérieur, j’aurais la démarche d’un hippopo).

4. Pour finalement, me cogner le petit orteil sur le bord du lit. Je tournerais agressive et je sortirais une petite « Christine ».

À ce moment, tout le peu de « sexyness » que j’avais ou que j’essayais d’avoir s’envolerait.

Voilà. Tu peux comprendre que je ne peux pas m’embarquer dans cette « game » coquine. De retour à mon moment de panique, j’ouvre mon sac pour prendre mon pyjama, mais ça me rend un peu malalaise. Est-ce que je mets juste mon gros chandail qui me fait une robe pi je reste en bobettes ? (ok, s’il te plaît ! Je ne te parle pas des culottes que j’avais à 7 ans avec des princesses. Je sais comment choisir les bonnes culottes dans ces moments-là, c’est juste que je trouve ça plus sympathique de dire « bobette ». Je trouve ça cutie pie.) Ou mon gros chandail avec un bas de pyjama ? Sérieux, je pense que j’ai gossé pendant un bon 5 minutes dans mon sac pendant ce questionnement. De son côté, il fouille dans sa garde-robe et il est tout aussi malalaise que moi. Il m’avoue qu’il n’a pas vraiment de pyjama… L’AMBIANCE DE MALAISE TOÉ CHOSE. Après s’être échangé 150 regards et soupirs malaisants, finalement, il me propose (je remercie le petit Jésus) : « veux-tu que je te passe de quoi pour ton pyjama ce soir ? » Je lâche mon sac avec un immense sentiment de soulagement et je réponds que ça serait ben gentil. Alors, il me tend un « gros chandail ».

C’est ça qu’il disait… oué oué.

Je me dirige vers la salle de bain… Je mets le chandail… Ih boy….. J’avais oublié la partie genre IL MESURE LA MÊME GRANDEUR QUE MOI (tu peux conclure que le t-shirt n’est pas ben ben grand hein). Legit, je me suis fait prendre dans un piège. Il est plus court que mon gros t-shirt qui n’est (je tiens à le mentionner) pas avec moi dans la salle de bain, mais bien dans la chambre du mec. Le chandail m’arrive, comme j’aime bien le dire, « à ras de noune ». En d’autres mots, plus français et plus sophistiqués, ça veut dire que le chandail tombe, DIRECTEMENT, sous ma vulve. Si je lève un bras, une troisième personne se joint à nous pour la soirée tsé (pour les intimes, elle se nomme Sylvie… C’est une blague ! Je ne suis pas le genre de personne qui donne un nom à sa partie génitale. Cela a toujours été un phénomène qui me laisse perplexe face à la race humaine. Cependant, je ne juge pas ! Cela est un choix tout à fait personnel). Rendu à ce point, j’ai deux choix : sortir toute nue ou mettre le chandail (les deux options sont équivalentes, mais bon). Je sors de la salle de bain, avec le moins de confiance sur la terre, en tirant le plus fort possible sur le chandail pour qu’il soit plus long (je pense qu’il n’a même pas rallongé de 1 mm, mais c’était un bel essai de ma part). Il me trouve ben cute. Je lui réponds avec un sourire malaisant « oué oué » (la fille n’est vraiment pas réceptive au compliment… Je suis encore sûre que c’était tout calculé de sa part).

Après plusieurs discussions et blabla, imagine ce que tu veux (rien de trop coquin, please). On se met un cadran pour demain matin, car j’ai de l’école à 8 h dans mon petit village (il est à mettre en évidence que je ne peux ABSOLUMENT pas manquer ce cours de physique, car je suis l’élève la plus nulle dans la classe, tsé j’aurais l’air de quoi), alors on s’obstine sur l’heure à laquelle on devrait le mettre. Je pense que j’ai gagné et que le cadran va sonner pour 6 h 30. On s’endort.

Urgh. Chaque soir, j’aimerais donc que quelqu’un soit à mes côtés lors de la sieste, mais, après chaque fois que je dors accompagnée, maudit que je le regrette. Écoute, je pense que j’ai un don pour choisir LA soirée la plus chaude de l’été et LE garçon qui a le plus chaud quand il dort pour être accompagné pour une sieste. Pour te donner une image, j’avais l’impression d’être dans un four à 450 degrés sur la première grille du haut avec le mode « broil » activé (un peu plus et je sentais le CALCINÉ). Même la chaleur du désert ne faisait pas compétition à la température ressentie dans les couvertes. Pi moi, j’ai la pire habitude de vie, te l’dis, je dois absolument avoir un MINIMUM de 6 doudous sur moi, peu importe la saison (je dois, définitivement, aller consulter pour changer cette habitude si je veux rester en vie plus que 20 ans). Je me tortille dans les couvertes. J’ai chaud. Il me colle, je le repousse. Il finit par m’écraser et me tasser jusqu’à la limite du lit. Sur le bord du précipice (le bord du lit, si tu n’avais pas « catché »), j’abandonne. Je le laisse plaqué contre moi (on n’est pas encore assez alaise ensemble pour que je puisse le repousser avec toutes mes forces ou d’exécuter « le rouleau compresseur ». Je t’explique cette technique, si tu ne la connais pas. Tu dois rouler par-dessus la personne pour atteindre la plus grande partie du lit qui n’est pas occupée. C’est aussi simple que cela). Je combats contre la chaleur. J’ai chaud à la moustache, je ne m’endure plus. La seule solution que j’ai trouvée pour me maintenir en vie, c’est de sortir mon petit orteil pour essayer de tempérer mon corps. Finalement, lorsque je réussis à m’endormir, ben j’avais l’œil qui ouvrait chaque heure. En gros, dormir avec quelqu’un ne me manquait pas autant que je le pensais.

Le réveil. Le cadran sonne, il est 7 h. LE PETIT TAQUIN (ou LE PETIT CRISS, c’est au choix selon la sensibilité de tes yeux). Je me lève en flèche. Je sors de la chambre, je me dirige dans la toilette et je me change rapido. Je me brosse les dents. Je me lève la tête pour me regarder la noix dans le miroir. Osti ma tête est grasse, MAIS GRASSE là (tu as, rarement, vu cela. Je pouvais les presser et apercevoir un peu de gras sortir de mes poils). Ce n’était, mettons, pas très élégant. Je le plains de s’être réveillé à côté de ça. Tsé la fille essaie d’être cute avec ses cheveux gras, ses crottes d’yeux et sa mauvaise haleine. On ne lâche pas ! J’enfile mes vêtements. Je lui dis au revoir dans son lit. Il reste couché. Je prends mon sac, je mets mes souliers à moitié et j’essaie d’ouvrir la porte. Je ne suis pas capable. Je gosse dessus, pas capable. SOS. Il se lève, il vient m’aider. Je le regarde avec ma vieille tête grasse et mes talons sortis de mes souliers avec un sourire malaisant en guise de remerciement et je pars débouler les 150 escaliers pour sortir de son bloc. Je pense, sérieusement, que je l’ai traumatisé avec ma laideur matinale.

J’arrive à l’école. Je monte les escaliers le plus rapidement possible. Évidemment, mes poils deviennent encore plus gras et j’ai le droit à une prise #2 pour la moustache en chaleur. Je rentre dans mon cours, il est 8 h 20.

Le silence toé chose dans la classe. Tous les regards sont pointés sur moi. Et j’entends :

« Madame Gariépy, le cours de physique commence à 8 h ».

MG

PS J’aimerais prendre un moment pour remercier Robi (le professeur de physique) pour ce moment de gloire. Définitivement, j’étais aussi rayonnante devant la classe que le gras sur mes cheveux.

 

«Vous êtes arrivés à la destination »

On se croise à un endroit anodin, on se trouve cute. Je le trouve comme une agente secrète du FBI. Je l’inbox et il accepte ma demande (même si j’ai l’air méga freak. ET NON CE N’EST PAS LA MEILLEURE MÉTHODE pour approcher un garçon, mais bon c’était la première et dernière fois que je l’utilisais). On se parle et après quelques petits « allo » et « bonne nuit », nous décidons de nous voir. L’affaire, c’est qu’il a un horaire MÉGA chargé et il ne « fit », aucunement, avec le mien. Alors, après avoir échangé 150 dates et notre agenda personnel au complet, NOUS AVONS UN RENDEZ-VOUS (une date fixée pour notre rencontre, pas une « date » en tant que telle, en tout cas si ce l’était, je n’étais pas au courant. Tu vois cette attitude est classique chez moi. Je veux commencer par être ami avec tout le monde, on dirait que si l’on commence tout de suite par plus qu’une amitié je feel bleu comme un gros bleuet (écoute, tu peux me surnommer Émile Nelligan pour cette magnifique comparaison digne d’un poète qui pratique l’art des mots depuis une dizaine d’années). J’ai l’impression que dans ces moments-là, il faut que je me la joue coquine et je suis nulle. Je ne suis juste pas capable. J’essaye d’appliquer les techniques que l’on voit dans les films typiquement américains. Du genre celles des jeunes filles qui conseillent Aquamarine (IL FAUT QUE TU VOIS CE FILM SI TU NE L’AS PAS VUE. Raymond était, définitivement, mon mec de rêve quand j’étais jeune), genre tourne ta couette autour de ton doigt, cambre le dos, ris fort, fais-lui de petits yeux doux, mors-toi, légèrement, la lèvre…. Mais…… j’ai plus l’air d’une fille avec un toc grave qui se tortille le 3/4 de la crinière autour du doigt ou d’une fille qui vient d’attraper la rage à cause du léger filet de bave qui me coule dans le coin de mes lèvres et de ma lèvre inférieure en sang dû à mon mordillage incontrôlé. En plus, j’ai toujours l’impression qu’une « game » de « sentiments » va commencer après notre rencontre. Cette « game » finit toujours par être un mess, car je dois parler de sentiments et dans cette situation-là, je suis pire que faire la coquine, si seulement tu savais. (Je ne sais pas si je suis seule, mais quand j’arrive pour parler de mes sentiments, mon cerveau bogue et il ne veut pas que je les divulgue à qui que ce soit. J’ai tellement un tempérament de fille indépendante que même ma tête est convaincue que je n’ai besoin de personne. Bon mon cœur, c’est un autre cas, mais encore là, il est très sélectif envers les gens qui constituent mon entourage. Ses critères de sélection se résument à une personne qui saura toujours comment me faire grandir et qui m’apportera plus que des potins de secondaire). Bref tout cela pour dire que même quand je le sais que c’est une « date », j’essaie de faire comme si, ce ne l’était pas.

Cette date était une journée où je travaillais en début d’après-midi et après j’allais directement le rejoindre, car il avait un empêchement vers l’heure du souper. Pas le temps de niaiser. MAIS l’affaire, c’est que je travaille dans une pizzéria, alors l’odeur des pizzas, ça me connaît. En gros, on s’aime beaucoup ! Dès mon entrée dans le restaurant, elle se colle à moi et elle ne me quitte pas jusqu’à tant que je la mette dans le lavage avec mes pièces de vêtements. (tsu tsu tsu, par contre, je tiens mentionné que ce n’est pas une pizzeria où la graisse coule sur les murs et Ginette avec sa mouche sur le bord de sa bouche crie avec sa voix puissante et agressante à son cuisiner « 3 pepperoni fromage larges » [dans ces moments-là, j’ai toujours le goût de lui proposer des alternatives moins agressantes comme, par exemple, marcher jusqu’à son cuisiner avec sur un bout de papier la commande ou l’utilisation d’un micro ou d’un walkie-talkie].

Alors, je commence mon shift [tu as rarement vu une fille aussi excitée de travailler de même de toute sa vie], je n’arrête pas d’en parler aux filles qui m’accompagnent dans mon emploi. L’air vire excité aussi dû aux petits excitements de chacune. La première serveuse est coupée, la deuxième aussi, la troisième… PUIS MOI. OK. Je cours vers mon auto. J’embarque et je me brûle au 3e degré, car mes bancs de cuir sont HYPER chauds, à cause du soleil qui plombe dessus. Je m’imagine dans la mer pour oublier la chaleur infernale et constante sous mes cuisses et je me mets en mode « HAWTTY MAUDY SHAWTY ». Je me change dans mon auto et je réalise que les vitres ne sont pas teintées. Pas grave, awaille en brassière et en bobette devant tous les clients de mon restaurant [bon, j’utilise la position « coquillage de mer » pour que personne ne me voie la bedaine à l’air]. Je me tortille de tous les bords et de tous les côtés, Dieu sait que ce n’est pas facile de changer son pantalon dans une auto. ET VOILA, je me mets à suer de la moustache, Christine. C’est terrible, comment le changement de vêtement me donne chaud. Je pars l’auto. J’essaie de trouver une manière de partir l’air conditionné, JE NE TROUVE PAS LE PITON, alors je conclus que je n’en ai pas [j’en avais, mais je n’étais juste pas au courant, c’est durant le chemin vers chez lui que j’ai réalisé. Merci le petit Jésus, il m’a rendue fraîche pour ma nouvelle rencontre]. En gros, j’ai chaud DE PARTOUT, c’est ben simple. Je réussis à mettre mon outfit qui on espère va encore sentir le downy,  malgré que j’aille chaud comme un chameau [tu t’en rappelles ?] et que l’odeur de la pizza napolitaine s’est imprégnée sur mes poils [ma chevelure] et ma peau. Mon ami me souhaite « bonne chance, pourquoi ? Je ne le sais pas, mais je le prends [bon, peut-être, car il me connaît par cœur et qu’il sait que je suis un peu légèrement beaucoup maladroite, mais bon]. Je baisse les fenêtres pour aérer mes aisselles [c’était nécessaire], je démarre le GPS [pour les intimes Janine la coquine] et je pèse sur le champignon. Awaille en direction de l’appartement de ma nouvelle flamme.

Je suis rendu proche de son appartement et je n’ai AUCUNE IDÉE où il se situe. Je fais trois fois le tour de sa rue ONE WAY, car je dépasse TOUJOURS, son appartement. Eh oui, Janine [le GPS] à cette habitude très désagréable de me dire  à la dernière minute que je suis arrivée à la destination. Bref,  je te confirme que ce n’est pas facile de revenir sur ses pas dans un one way tsé. Après 15 minutes de “je tourne en rond” [on prie pour qu’il ne m’ait pas vue passée 3 fois devant son appartement, il aurait été légèrement découragé, mais bon. Je ne peux pas avoir tous les talents, dont ceux de conduire à Montréal sans aucun problème. Tsé, je viens de la campagne, moi]. Je me stationne N’IMPORTE OÙ, car, je suis heureuse d’avoir arrêté au bon moment et je le texte “SOS, je ne sais pas où me stationner”. Il me répond et me dit qu’il descend dans quelques minutes. Je le vois sortir de son appartement et je le vois marcher dans la rue DANS MA DIRECTION [Bon je te dirais que c’était pas mal un guess, car avec ma myopie je te dirais que je voyais seulement qu’un corps flou s’approcher de moi]. Je sors de mon auto,  je prends mon téléphone, je prends mes clés et je me dirige vers lui. Écoute, plus j’avance, plus la maladie du Parkinson me pogne. Dès que ma vision m’indique que c’est bel et bien lui, je commence à devenir HYPER nerveuse. J’essaie de fermer mon maudit GPS, mais je ne suis pas capable, car JE SHAKE TROP. Je te le jure. Je cliquais n’importe où sauf sur le piton “fin”. Malgré mes multiples essais lorsque je me dirige vers le garçon, Janine ne cesse de répéter “VOUS ÊTES ARRIVÉE À LA DESTINATION ». ELLE L’A MÊME RÉPÉTÉ QUAND JE LUI DONNAIS DEUX BECS. Après 150 essaies et un sourire de fille ben malalaise qui sait qu’elle est rendue à la destination, Janine décide qu’elle n’a pas assez d’attention. À la place de se fermer par elle-même, car cela fait plus de 10 minutes que je suis à la foutue destination. ELLE A RÉPONDU à sa question « comment ça va ? ».La maudine, elle a répondu en disant :  « vous êtes arrivés à la destination », mais avec un ton sensuel. Je vire agressive [tsé no way que mon GPS va me faire de la compétition pour ma nouvelle flamme]. Je tape avec mon index comme une vieille femme enragée qui maîtrise seulement le toucher de l’index sur son iPhone et je réussis, FINALEMENT, à mettre fin à celle-ci. Merci petit Jésus.

Il me confirme que je ne peux pas me stationner là. Alors, je décide de lui confier les clés de mon automobile et je lui dis, stationne où tu veux, je suis trop nulle en stationnement parallèle. [JE TE LE JURE, que je suis la pire, même si j’ai pratiqué ben des fois le tout avec Mireille durant mes cours de conduite technic. Soit que je passe à deux poils de rentrer dans l’autre auto ou je rentre dans le trottoir. C’est ben simple, je suis toujours, tout croche quand j’exécute cette manœuvre et je deviens tellement stressé que j’ai chaud et je vire essoufflée. Des plans pour que je me ramasse à l’urgence]. Bref, il rentre dans mon auto.. eh merde. J’ai oublié de ranger mon linge dans mon sac comme du monde. Il me dit « ouin, la Audi n’est pas propre » Eh merde de merde de merde. Mon chandail viré à l’envers tout croche, non seulement il est délavé, mais en plus il a les fameuses taches blanches que mon déodorant au melon d’eau a laissé sous les aisselles, mon linge étendu tout partout sur le banc et ma brassière qui pend de mon sac [oui, j’ai changé de brassière. Ce n’était pas pour être plus sexy, c’est seulement que ma camisole nécessitait une brassière sans bretelles. Je te l’ai déjà dit, je ne suis pas si coquine que cela]. Je suis, légèrement, beaucoup, malalaise. J’essaie de ranger le tout le plus rapidement  possible avec la vitesse d’une panthère pour qu’il oublie l’image de mes vêtements de travail dégueu. On roule un bébé peu, on trouve un stationnement et, il stationne mon auto. Ouin, ok j’aurais pu faire mieux moi-même, mais bon [on ne va quand même pas lui briser sa bulle, cela commencerait mal le début de notre après-midi. Ça me fait juste réaliser qu’il y a aussi pire que moi. Un petit high five à moi-même].

On se dirige vers son appartement. Il veut me le montrer avant d’aller prendre une bière, alors pourquoi pas ? Il commence à monter les escaliers toé chose… 2 À LA FOIS. Non, mais tu ne comprends pas, il est très rare que je m’aventure de ce genre de montée, car mes cannes ont une longueur qui fait en sorte qu’elles ne sont pas très alaises avec la montée des escaliers par coup de 2, mais elles montent des escaliers avec facilité une à la fois. Alors, je tente la montée « deux escaliers à la fois » pour pouvoir monter au même rythme que lui et lui montrer mon cardio de joueuse de soccer. EH MERDE. J’ai failli passer à 2 poils de me casser les 2 palettes dans les escaliers. J’avais oublié que je portais les pires flip flops sur la terre. Te l ’dis, c’est plus qu’un sport marché avec ces flip flops là. J’abandonne la montée sportive et je traîne en arrière comme une petite patate grelot… La première impression de moi qu’il a ? Je n’en ai aucune idée. On espère juste qu’elle n’est pas trop pire pour ne pas gâcher les 3 heures à venir…