«Vous êtes arrivés à la destination »

On se croise à un endroit anodin, on se trouve cute. Je le trouve comme une agente secrète du FBI. Je l’inbox et il accepte ma demande (même si j’ai l’air méga freak. ET NON CE N’EST PAS LA MEILLEURE MÉTHODE pour approcher un garçon, mais bon c’était la première et dernière fois que je l’utilisais). On se parle et après quelques petits « allo » et « bonne nuit », nous décidons de nous voir. L’affaire, c’est qu’il a un horaire MÉGA chargé et il ne « fit », aucunement, avec le mien. Alors, après avoir échangé 150 dates et notre agenda personnel au complet, NOUS AVONS UN RENDEZ-VOUS (une date fixée pour notre rencontre, pas une « date » en tant que telle, en tout cas si ce l’était, je n’étais pas au courant. Tu vois cette attitude est classique chez moi. Je veux commencer par être ami avec tout le monde, on dirait que si l’on commence tout de suite par plus qu’une amitié je feel bleu comme un gros bleuet (écoute, tu peux me surnommer Émile Nelligan pour cette magnifique comparaison digne d’un poète qui pratique l’art des mots depuis une dizaine d’années). J’ai l’impression que dans ces moments-là, il faut que je me la joue coquine et je suis nulle. Je ne suis juste pas capable. J’essaye d’appliquer les techniques que l’on voit dans les films typiquement américains. Du genre celles des jeunes filles qui conseillent Aquamarine (IL FAUT QUE TU VOIS CE FILM SI TU NE L’AS PAS VUE. Raymond était, définitivement, mon mec de rêve quand j’étais jeune), genre tourne ta couette autour de ton doigt, cambre le dos, ris fort, fais-lui de petits yeux doux, mors-toi, légèrement, la lèvre…. Mais…… j’ai plus l’air d’une fille avec un toc grave qui se tortille le 3/4 de la crinière autour du doigt ou d’une fille qui vient d’attraper la rage à cause du léger filet de bave qui me coule dans le coin de mes lèvres et de ma lèvre inférieure en sang dû à mon mordillage incontrôlé. En plus, j’ai toujours l’impression qu’une « game » de « sentiments » va commencer après notre rencontre. Cette « game » finit toujours par être un mess, car je dois parler de sentiments et dans cette situation-là, je suis pire que faire la coquine, si seulement tu savais. (Je ne sais pas si je suis seule, mais quand j’arrive pour parler de mes sentiments, mon cerveau bogue et il ne veut pas que je les divulgue à qui que ce soit. J’ai tellement un tempérament de fille indépendante que même ma tête est convaincue que je n’ai besoin de personne. Bon mon cœur, c’est un autre cas, mais encore là, il est très sélectif envers les gens qui constituent mon entourage. Ses critères de sélection se résument à une personne qui saura toujours comment me faire grandir et qui m’apportera plus que des potins de secondaire). Bref tout cela pour dire que même quand je le sais que c’est une « date », j’essaie de faire comme si, ce ne l’était pas.

Cette date était une journée où je travaillais en début d’après-midi et après j’allais directement le rejoindre, car il avait un empêchement vers l’heure du souper. Pas le temps de niaiser. MAIS l’affaire, c’est que je travaille dans une pizzéria, alors l’odeur des pizzas, ça me connaît. En gros, on s’aime beaucoup ! Dès mon entrée dans le restaurant, elle se colle à moi et elle ne me quitte pas jusqu’à tant que je la mette dans le lavage avec mes pièces de vêtements. (tsu tsu tsu, par contre, je tiens mentionné que ce n’est pas une pizzeria où la graisse coule sur les murs et Ginette avec sa mouche sur le bord de sa bouche crie avec sa voix puissante et agressante à son cuisiner « 3 pepperoni fromage larges » [dans ces moments-là, j’ai toujours le goût de lui proposer des alternatives moins agressantes comme, par exemple, marcher jusqu’à son cuisiner avec sur un bout de papier la commande ou l’utilisation d’un micro ou d’un walkie-talkie].

Alors, je commence mon shift [tu as rarement vu une fille aussi excitée de travailler de même de toute sa vie], je n’arrête pas d’en parler aux filles qui m’accompagnent dans mon emploi. L’air vire excité aussi dû aux petits excitements de chacune. La première serveuse est coupée, la deuxième aussi, la troisième… PUIS MOI. OK. Je cours vers mon auto. J’embarque et je me brûle au 3e degré, car mes bancs de cuir sont HYPER chauds, à cause du soleil qui plombe dessus. Je m’imagine dans la mer pour oublier la chaleur infernale et constante sous mes cuisses et je me mets en mode « HAWTTY MAUDY SHAWTY ». Je me change dans mon auto et je réalise que les vitres ne sont pas teintées. Pas grave, awaille en brassière et en bobette devant tous les clients de mon restaurant [bon, j’utilise la position « coquillage de mer » pour que personne ne me voie la bedaine à l’air]. Je me tortille de tous les bords et de tous les côtés, Dieu sait que ce n’est pas facile de changer son pantalon dans une auto. ET VOILA, je me mets à suer de la moustache, Christine. C’est terrible, comment le changement de vêtement me donne chaud. Je pars l’auto. J’essaie de trouver une manière de partir l’air conditionné, JE NE TROUVE PAS LE PITON, alors je conclus que je n’en ai pas [j’en avais, mais je n’étais juste pas au courant, c’est durant le chemin vers chez lui que j’ai réalisé. Merci le petit Jésus, il m’a rendue fraîche pour ma nouvelle rencontre]. En gros, j’ai chaud DE PARTOUT, c’est ben simple. Je réussis à mettre mon outfit qui on espère va encore sentir le downy,  malgré que j’aille chaud comme un chameau [tu t’en rappelles ?] et que l’odeur de la pizza napolitaine s’est imprégnée sur mes poils [ma chevelure] et ma peau. Mon ami me souhaite « bonne chance, pourquoi ? Je ne le sais pas, mais je le prends [bon, peut-être, car il me connaît par cœur et qu’il sait que je suis un peu légèrement beaucoup maladroite, mais bon]. Je baisse les fenêtres pour aérer mes aisselles [c’était nécessaire], je démarre le GPS [pour les intimes Janine la coquine] et je pèse sur le champignon. Awaille en direction de l’appartement de ma nouvelle flamme.

Je suis rendu proche de son appartement et je n’ai AUCUNE IDÉE où il se situe. Je fais trois fois le tour de sa rue ONE WAY, car je dépasse TOUJOURS, son appartement. Eh oui, Janine [le GPS] à cette habitude très désagréable de me dire  à la dernière minute que je suis arrivée à la destination. Bref,  je te confirme que ce n’est pas facile de revenir sur ses pas dans un one way tsé. Après 15 minutes de “je tourne en rond” [on prie pour qu’il ne m’ait pas vue passée 3 fois devant son appartement, il aurait été légèrement découragé, mais bon. Je ne peux pas avoir tous les talents, dont ceux de conduire à Montréal sans aucun problème. Tsé, je viens de la campagne, moi]. Je me stationne N’IMPORTE OÙ, car, je suis heureuse d’avoir arrêté au bon moment et je le texte “SOS, je ne sais pas où me stationner”. Il me répond et me dit qu’il descend dans quelques minutes. Je le vois sortir de son appartement et je le vois marcher dans la rue DANS MA DIRECTION [Bon je te dirais que c’était pas mal un guess, car avec ma myopie je te dirais que je voyais seulement qu’un corps flou s’approcher de moi]. Je sors de mon auto,  je prends mon téléphone, je prends mes clés et je me dirige vers lui. Écoute, plus j’avance, plus la maladie du Parkinson me pogne. Dès que ma vision m’indique que c’est bel et bien lui, je commence à devenir HYPER nerveuse. J’essaie de fermer mon maudit GPS, mais je ne suis pas capable, car JE SHAKE TROP. Je te le jure. Je cliquais n’importe où sauf sur le piton “fin”. Malgré mes multiples essais lorsque je me dirige vers le garçon, Janine ne cesse de répéter “VOUS ÊTES ARRIVÉE À LA DESTINATION ». ELLE L’A MÊME RÉPÉTÉ QUAND JE LUI DONNAIS DEUX BECS. Après 150 essaies et un sourire de fille ben malalaise qui sait qu’elle est rendue à la destination, Janine décide qu’elle n’a pas assez d’attention. À la place de se fermer par elle-même, car cela fait plus de 10 minutes que je suis à la foutue destination. ELLE A RÉPONDU à sa question « comment ça va ? ».La maudine, elle a répondu en disant :  « vous êtes arrivés à la destination », mais avec un ton sensuel. Je vire agressive [tsé no way que mon GPS va me faire de la compétition pour ma nouvelle flamme]. Je tape avec mon index comme une vieille femme enragée qui maîtrise seulement le toucher de l’index sur son iPhone et je réussis, FINALEMENT, à mettre fin à celle-ci. Merci petit Jésus.

Il me confirme que je ne peux pas me stationner là. Alors, je décide de lui confier les clés de mon automobile et je lui dis, stationne où tu veux, je suis trop nulle en stationnement parallèle. [JE TE LE JURE, que je suis la pire, même si j’ai pratiqué ben des fois le tout avec Mireille durant mes cours de conduite technic. Soit que je passe à deux poils de rentrer dans l’autre auto ou je rentre dans le trottoir. C’est ben simple, je suis toujours, tout croche quand j’exécute cette manœuvre et je deviens tellement stressé que j’ai chaud et je vire essoufflée. Des plans pour que je me ramasse à l’urgence]. Bref, il rentre dans mon auto.. eh merde. J’ai oublié de ranger mon linge dans mon sac comme du monde. Il me dit « ouin, la Audi n’est pas propre » Eh merde de merde de merde. Mon chandail viré à l’envers tout croche, non seulement il est délavé, mais en plus il a les fameuses taches blanches que mon déodorant au melon d’eau a laissé sous les aisselles, mon linge étendu tout partout sur le banc et ma brassière qui pend de mon sac [oui, j’ai changé de brassière. Ce n’était pas pour être plus sexy, c’est seulement que ma camisole nécessitait une brassière sans bretelles. Je te l’ai déjà dit, je ne suis pas si coquine que cela]. Je suis, légèrement, beaucoup, malalaise. J’essaie de ranger le tout le plus rapidement  possible avec la vitesse d’une panthère pour qu’il oublie l’image de mes vêtements de travail dégueu. On roule un bébé peu, on trouve un stationnement et, il stationne mon auto. Ouin, ok j’aurais pu faire mieux moi-même, mais bon [on ne va quand même pas lui briser sa bulle, cela commencerait mal le début de notre après-midi. Ça me fait juste réaliser qu’il y a aussi pire que moi. Un petit high five à moi-même].

On se dirige vers son appartement. Il veut me le montrer avant d’aller prendre une bière, alors pourquoi pas ? Il commence à monter les escaliers toé chose… 2 À LA FOIS. Non, mais tu ne comprends pas, il est très rare que je m’aventure de ce genre de montée, car mes cannes ont une longueur qui fait en sorte qu’elles ne sont pas très alaises avec la montée des escaliers par coup de 2, mais elles montent des escaliers avec facilité une à la fois. Alors, je tente la montée « deux escaliers à la fois » pour pouvoir monter au même rythme que lui et lui montrer mon cardio de joueuse de soccer. EH MERDE. J’ai failli passer à 2 poils de me casser les 2 palettes dans les escaliers. J’avais oublié que je portais les pires flip flops sur la terre. Te l ’dis, c’est plus qu’un sport marché avec ces flip flops là. J’abandonne la montée sportive et je traîne en arrière comme une petite patate grelot… La première impression de moi qu’il a ? Je n’en ai aucune idée. On espère juste qu’elle n’est pas trop pire pour ne pas gâcher les 3 heures à venir…

Mes passions? Parles-tu du fruit de la passion?

Alors, pour débuter mon blogue, voici un de mes fameux malaises de date qui m’a marqué à vie.
Je suis au restaurant avec le gars et il est environ 21 h. Avant, d’aller plus loin dans mon histoire, je dois te mettre en contexte de la folie intérieure qui se passe dans mon estomac et  dans mes intestins. En gros, je tripe dessus ben raide. Je texte, subtilement, à ma mère qu’il est l’homme de ma vie, les papillons dans mon ventre se font aller depuis le début de la soirée qui a commencé dans les environs de 19 h. C’est la première fois depuis un an que quelqu’un me fait capoter de même. J’ai la face d’une fille, légèrement, retardée, tsé veut dire des fois mes yeux se mettaient à loucher, j’ai un petit sourire niaiseux, je me replace la mèche 150 fois, MAIS il a l’air ben alaise avec ça, sinon il aurait couru depuis très longtemps (ben en tout cas, c’est ce que je pense). Alors, nous sommes au restaurant et nous nous posons des questions pour apprendre plus à nous connaître. LE CLASSIQUE. L’affaire, c’est que je suis la pire pour répondre à ces questions. J’ai énormément misère à me mettre en valeur, car je ne suis pas nécessairement en paix avec moi-même (tsé je me trouve gossante et légèrement fofolle, alors j’y vais toujours pour genre « ben je suis une fille sympathique »). En plus, je trouve que ma vie parfois manque énormément d’action. J’ai toujours la même routine qui se résume à : étude, manger, famille, manger, amies, manger, dormir, dormir, travail, dormir et manger. Alors, tu vois le genre de vie que j’ai, tsé 0 palpitante.

Alors, on commence par commander notre nourriture, bon moi j’essaye d’être santé-fitness et je me commande une petite salade et une bière au hasard, car je n’ai aucune Christine d’idée des sortes de bières, car je DÉTESTE LA BIÈRE, mais ça l’air que selon les blogues féminins ou genre Wikipédia que ça l’attire ben la gent masculine quand on boit de la bière. Après un certain instant (durant lequel je maîtrisais la conversation, eh oui, je te le dis ? J’étais pas pire du tout), la salade est déposée sur la table par la serveuse qui fait de l’œil à ma date. PAS TOUCHE PLEASE. La panique me prend. Les laitues qui la constituent sont grosses comme ma noix (tête) et elles sont tapissées de pesto VERT (il est a mentionné que mes dents ne sont pas, complètement, droites, alors le petit jésus sait que le pesto aime, même adore, se loger dans mes craques de dents, des plans pour que je me retrouve avec le dentier vert). La panique me prend légèrement, mais je reste sereine et calme, 3-4 respirations du type exercice « le parapluie » de mon cours de relaxation et j’attaque la salade avec assurance. Après 2-3 laitues qui me font redouter de mon identité, parce que j’ai l’impression d’être un lapin et qu’au fond de mon cœur j’ai une envie de frites, il me pose cette question. CETTE FAMEUSE QUESTION. Accroche-toi parce qu’elle ramasse… « Quelles sont tes passions ? ». Mes yeux s’ouvrent, mon hamster tourne, je ne sais pas quoi répondre. Est-ce qu’il me parle de mes passions ? Ou du fruit de la passion ? Ou du magasin fruits & passion ? La question résonne dans ma tête et il me demande bel et bien QUELLES SONT MES PASSIONS !!

STOP. On fait pause sur l’histoire, je dois te mets en contexte de ma situation personnelle à ce moment de ma vie. Je m’approche de la fin de mon cégep et je ne sais plus ce que je veux faire de mon avenir. J’hésite à changer complètement de branche, car j’ai l’impression que mon domaine d’étude ne me passionne plus comme avant. Mon sport préféré depuis que je suis petite ne me fait plus vibré et depuis quelque temps j’ai arrêté de faire de la musique. Les 3 passions principales qui constituaient ma vie (les 3 passions classiques et non originales, non, mais c’est vrai on dirait que tout le monde à ces 3 passions la) ne sont plus présentes. Alors, moi et mon honnêteté, nous sommes confrontées à tout lui avouer.

ON REPREND. Je le regarde et je lui dis avec un ton plus ou moins convaincant, que je n’ai pas de passion, du moins que présentement je ne les connais pas et que je suis en période de questionnement. À ce moment, BOUM, je me suis tirée dans le pied. Je suis descendu sur l’échelle de « la fille intéressante » à -10 (0 n’étant pas intéressante et 10 très intéressante). Suite à cette réponse,  le regard du gars s’est éteint complètement et j’ai su que ma date était terminée. FINITO PÉPITO. AWAILLE À MAISON FILLE. Le léger, profond et intense silence qui en suit m’a donné le goût de me jeter en bas de ma chaise et  de ramper jusqu’à la sortie dans la position « chenille verte ». Il m’a répondu et je cite : « Ah…, tu n’as vraiment aucune passion ? » (si je pouvais continuer, je mettrais des petits points pendant 2-3 pages pour que tu ressentes le MALAISE). Et je lui répondis avec mon talent en improvisation de type solo dans le contexte « date » : « Nah…,  ben je ne le sais pas. Je n’y ai jamais vraiment pensé ». À ce moment, j’ai réalisé que j’avais perdu l’homme ma vie…… MAIS, avec fierté,  je me suis donné un high five pour le plus gros malaise créé à vie.

Morale de l’histoire (oui, oui parce que je te fais une morale pour de vrai) : j’ai réalisé que l’on ne prenait pas le temps de se poser la question « qu’elles sont nos passions ? » et que l’on ne prenait pas le temps de faire des activités qui nous font vibrer. Alors, si j’ai un conseil à te donner ; ne te fais pas chier (excuse-moi pour ce vocabulaire intense) à faire des choses qui ne te rendent pas heureuse. N’oublie pas que tu n’as qu’une seule vie (YOLO Tsé) profite-en.

MG